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Avalon

par | 10 Sep 2022 | Politique | 0 commentaires

Mots-clés :
Avalon est un projet sécessionniste de l’État français, cette monstrueuse théocratie autoritaire, antidémocratique et antihumaniste, qui viole quotidiennement tous les principes de la démocratie et de l’humanisme ainsi que les droits de l’homme.

Il reprend le fil de ma réflexion là où mon texte précédent (« Introduire un véritable régime de démocratie en France ») s’était arrêté. Son objet fondamental est donc de répondre à la question que se posait déjà Lénine en son temps : Que faire (1902) ? Certes, dans un état d’esprit radicalement différent…

Dans mon précédent essai, je proposais tout d’abord de s’efforcer de convaincre le plus de gens possible de l’utilité des réformes proposées.

Mais nous savons aussi parfaitement que nous ne parviendrons jamais à convaincre un grand nombre de gens, tant l’emprise de la théocratie française sur la société est quasi absolue (par exemple à travers l’école, les médias, l’administration, les lois restreignant la liberté d’expression, le mode de scrutin électoral confiscatoire, les fausses collectivités locales et territoriales et un clientélisme extensif à tous les niveaux — liste non exhaustive). Et donc que la prise du pouvoir par les urnes sera à tout jamais impossible. Les organes politiques français illégitimes sont d’ailleurs aujourd’hui élus par 25 % des électeurs, en l’occurrence des clientèles achetées à prix d’or par des privilèges éhontés, financés par les 75 % d’exclus ayant de fait été privés d’une très grande partie de leurs droits civiques, politiques, économiques et sociaux voire de toute dignité humaine.

Certes, il y a la perspective probable de l’écroulement inévitable de l’État français : c’est-à-dire la cessation de paiement, conséquence de l’écroulement de son économie, méticuleusement détruite depuis le milieu des années 1970 par les kleptocrates corrompus qui pillent le pays. Avec son cortège de malheurs : paiement retardé ou seulement partiel des salaires des fonctionnaires, des retraites et des prestations et allocations sociales, écroulement de la consommation, faillite en masse des entreprises, explosion du chômage et de la misère, émeutes de la faim et soulèvement de pans entiers du territoire, pour des raisons sociales, mais aussi civilisationnelles, alors que la police, la justice et l’armée sont depuis des décennies clochardisées par un État surendetté et défaillant depuis des décennies.

Mais si une révolution éclate à ce moment-là, les résultats seront inévitablement catastrophiques, tant les idéologies totalitaires les plus ineptes (marxisme, gauchisme, wokisme, islamisme, nationalisme de l’État-nation — liste non exhaustive) risquent d’être imposées à un peuple rétif par des sectes extrémistes déjantées, mais actives et tenant déjà l’État, avec les échecs inévitables déjà rencontrés par le passé. Les expériences de révolutions violentes — généralement portées par lesdites minorités agissantes sur un fond de chaos — qui se sont déroulées depuis deux siècles ont montré que celles-ci aboutissaient invariablement à des résultats désastreux.

Ces deux voies (élections, coup de force) sont donc exclues. Il faut donc envisager un moyen de faire cette révolution.

  • par sécession par le bas, mais
  • pacifiquement, sans aucune violence ni contrainte, tous les acteurs étant volontaires
  • en toute légalité selon l’ordre actuel des choses,
  • et surtout en mettant dès le départ en place des institutions propres démocratiques.

C’est la seule manière d’être sûr du résultat. La fin démocratique implique un chemin pavé de moyens démocratiques pour y parvenir.

Je veux donc proposer un mode opérationnel très précis, une sorte de Vademecum clair et concret — volontiers soumise à la discussion.

1. Avant-propos : qu’est-ce qu’Avalon

Avalon est l’invocation magique, le slogan, le mot d’ordre recouvrant l’idéal de la résurrection d’un État breton et d’une société bretonnante. Pas forcément indépendant, puisque ceci passerait par une lutte armée concrètement inenvisageable, et par ailleurs très risquée quant à ses résultats, même en cas de réussite — je renvoie ici à ma vision pessimiste de l’histoire des révolutions (ratées) des deux siècles passés. La Bretagne n’est pas l’Irlande. Ces révolutions avaient échoué parce que l’idée selon laquelle « la fin justifie les moyens » est intrinsèquement fausse. Toute fin positive ne peut qu’être issue de moyens qui la contiennent en essence. Immanence et transcendance doivent nécessairement être intimement liées. La révolution que je propose est pacifique et tranquille. Nous ne quittons pas l’État français, c’est lui qui n’a jamais voulu de nous. Il nous a toujours ignorés, et nous voulons nous aussi à l’avenir l’ignorer dans toute la mesure de ce qui est possible. En arrêtant de nous lamenter et en commençant à vivre et à œuvrer à notre libération. Le chemin sera très, très long, mais comme il en vaut la peine, nous devrons faire preuve du plus grand courage, de ténacité et d’endurance. Ne pas être rebutés par les échecs inévitables, mais en tirer les leçons et recommencer sans cesse. La création de l’État d’Israël a par exemple été à ses débuts semée d’échecs retentissants qui ont plusieurs fois anéanti les efforts accomplis jusque-là. Il a fallu cent et mille fois sur le métier remettre l’ouvrage.

Avalon est l’île où une fée protectrice a transporté l’épée d’Arthur après la bataille de Camlann. Elle s’y trouve encore. Le projet spirituel d’Avalon est d’aller l’y déterrer pour la brandir à la face du monde. On pourrait, toutes choses étant égales par ailleurs, comparer l’idée d’Avalon avec celle de Sion pour Israël.

Nous ne voulons cependant pas seulement restaurer l’État breton (sous forme d’un État dans l’État), nous voulons aussi faire de lui une réussite éclatante façonnée comme l’antithèse de l’État français. J’ai déjà écrit que « là où la France passe, liberté, prospérité et identité trépassent ». L’État breton que je propose devra être un modèle de démocratie, de prospérité, et le support fondamental de notre identité — et en tout premier lieu de la langue bretonne, qui doit devenir la langue principale parlée au sein de la société portée par cet État breton. La préservation à tout prix de l’identité et de la langue bretonne ne doit par ailleurs en rien correspondre à un quelconque « repli sur soi », ni à un renoncement à la modernité ou à un dialogue des cultures. Mais nous voulons choisir nous-mêmes, et adapter à notre culture et à nos conditions d’existence ce qui peut nous venir de l’extérieur. Ce que nous refusons, c’est qu’on nous impose des choses sans nous consulter (plus précisément : sans notre indispensable assentiment). N’oublions pas que depuis deux siècles, des gens nous ont dit que leur langue et leur culture étaient universelles et supérieures, alors que notre langue et notre culture étaient particulières et sans valeur — en dehors de leur exploitation touristique. Et que par conséquent, nous devions accéder à la civilisation en renonçant à tout notre héritage culturel et linguistique multiséculaire, sachant que nos maîtres n’avaient quant à eux aucun besoin de s’ouvrir à notre langue et à notre culture, et que toute réticence de notre part était qualifiée de « racisme », de « repli sur soi » et de « rejet de la démocratie », même dans un cadre d’un bilinguisme ! Mais enfin de qui se moque — on ? QUI est replié sur soi, QUI est raciste et QUI rejette la démocratie et les droits de l’homme ?

Mon propos est par ailleurs, bien au-delà de la seule Bretagne, de proposer un modèle à tous les peuples (de France voire au-delà) qui veulent se libérer du joug des empires. Des empires colonialistes, esclavagistes et racistes — même s’ils n’arrêtent jamais de ressasser en permanence le contraire jusqu’à la nausée ultime. Et tous ceux qui n’ont rien à voir avec la Bretagne, mais qui s’intéressent à l’idée d’une révolte des peuples contre les empires y trouveront de précieuses idées pour leur propre combat. Et un modèle qu’ils pourront adapter à leur guise à leur pays, à leur situation et à leur propre vision.

Avalon veut aussi être un modèle universel de procédure sécessionniste. Pas un modèle imposé par la violence comme le font les empires. Une proposition. Un kit de révolution démocratique sage et efficace.

2. Les modèles

Avant d’aborder les modèles à suivre, je voudrais rappeler les mensonges immondes qui fondent l’État français. Selon les propos inouïs tenus par le Breton Ernest Renan dans « Qu’est-ce qu’une nation ? », cette dernière résulterait « de la volonté de faire nation ».

On croit halluciner quand on lit de tels propos, emblématiques d’un esprit nationaliste (au sens d’impérialiste) français foncièrement empreint d’une répugnante malhonnêteté et de l’immoralité la plus abjecte !

On rappellera ici, pour dégriser Renan, la manière réelle dont l’État français a été historiquement créé :

  • Les pays de langue d’oc ont été conquis au cours de la Guerre des Albigeois
    (1209 – 1229), d’abord entreprise par des seigneurs français dans des conditions atroces : ce conflit n’a été qu’une suite de massacres indifférenciés des populations, dont le roi de France a finalement tiré tout le bénéfice en héritant en fin de compte des terres conquises dans le sang par les Montfort qui avaient pourtant perdu cette guerre… là où la France passe, liberté, prospérité et identité trépassent…
  • La façade atlantique (Aquitaine, Poitou, Anjou, Touraine, Maine, Normandie…) a été conquise au cours de la guerre de Cent Ans (1336 – 1453) sur les rois d’Angleterre qui étaient à l’origine des seigneurs issus de ces terres — aujourd’hui, elles ont perdu jusqu’à leur nom… là où la France passe, liberté, prospérité et identité trépassent…
  • Les provinces du nord ont été conquises au cours des nombreuses guerres menées dans ce qui s’est longtemps appelé les Pays-Bas ; paradoxalement, la Belgique à moitié francophone y a échappé… et la Flandre belge en est rescapée, surtout quand on voit l’état misérable dans lequel se trouve la Flandre française… là où la France passe, liberté, prospérité et identité trépassent…
  • La Bretagne a été conquise militairement dans le cadre de la Guerre folle (1485 – 1488), marquée d’innombrables atrocités, sous la régence d’Anne de Beaujeu pendant la minorité de Charles VIII, puis liée au royaume de France en union personnelle par les mariages successifs de la duchesse Anne de Bretagne avec Charles VIII (1491) puis Louis XII (1499) avant d’être rattachée de force au royaume par l’illégal édit d’union de 1532, la province réputée étrangère de Bretagne ayant été finalement dissoute en 1789, démembrée en départements en 1790, dévastée pendant la Terreur de 1793 et finalement reconstituée sous la forme d’un territoire administratif factice dépourvu d’autonomie, par-dessus le marché amputé du pays nantais en 1941… là où la France passe, liberté, prospérité et identité trépassent…
  • L’Alsace, dévastée une première fois par l’armée suédoise de Bernard de Saxe-Weimar en 1634, a été envahie par l’armée française menée par Turenne (massacre de Turckheim, 1635) ; le landgraviat de Haute-Alsace (Haut-Rhin), territoire sous suzeraineté des Habsbourg, a été attribué à la France par le traité de Westphalie (1648), le landgraviat de Basse-Alsace qui n’appartenait pas aux Habsbourg ayant pour sa part tout simplement été occupé militairement par l’armée française dans le cadre des « réunions » en pleine paix, totalement illégales dans les années 1680, la ville libre de Strasbourg s’étant quant à elle rendue après un siège marqué par le bombardement des civils qui s’y trouvaient en 1683 sachant que, contrairement à d’autres « réunions » forcées à la même époque (duchés de Lorraine et de Bar, de Luxembourg…), le traité de Ryswick (1697) a entériné les annexions de la Basse-Alsace et de Strasbourg ; quant à la république de Mulhouse, dernière victime en date, alliée aux cantons suisses, elle « votera » plus tard « de son plein gré » — c’est-à-dire sous les baïonnettes de l’armée française — son rattachement à la république en 1798… les populations germanophones (hé oui !) de ces territoires n’ont jamais été consultées et ont fait l’objet d’une violente politique d’acculturation après 1945 au nom du dégueulasse prétexte mensonger d’une « lutte contre le nazisme » (la Bretagne a connu le même sort)… là où la France passe, liberté, prospérité et identité trépassent…
  • La Corse enfin, sans aucune attache historique avec la France depuis toujours et sous domination génoise depuis le 13e siècle, ayant proclamé son indépendance en 1755, fut violemment conquise par les armes en 1769 après que la France avait racheté à Gènes des droits qui ne lui appartenaient pas… là où la France passe, liberté, prospérité et identité trépassent…

Il n’est pas vraiment frappant que la « volonté » de former nation se soit exprimée très librement. C’est le moins qu’on puisse dire. L’hypocrisie d’Ernest Renan relève de l’ignominie la plus abjecte… Mais il est vrai qu’Ernest Renan, bretonnant de langue maternelle, a commis cette autre énormité : « Un fait honorable pour la France, c’est qu’elle n’a jamais cherché à obtenir l’unité de la langue par des mesures de coercition ». On croit rêver… enfin cauchemarder…

Alors, disons-le franchement : le modèle de citoyenneté d’Avalon devra exactement faire des délires hallucinatoires d’Ernest Renan (réitérés par Bainville) une réalité — les citoyens d’Avalon seront tous tels de leur propre volonté…

Mais venons-en aux modèles culturels nécessairement sous-jacents à l’idéal affiché d’un État vraiment démocratique, prospère et respectant les identités. Il ne peut en effet y avoir une telle société sans citoyens empreints de ces idéaux. Or, ils font cruellement défaut en France.

Je vais donc, pour caractériser mon modèle culturel, me référer à deux événements mythiques de l’histoire d’un petit pays voisin qui n’est certes pas sans défauts (mais qui n’en a pas !), mais se rapproche fortement de l’idéal que je vise. Je veux parler de la Suisse. Un pays qui a su préserver au plus haut degré la liberté, la prospérité et l’identité de ses citoyens.

a) Le pacte suisse de 1291 et le serment du Grütli

Les III cantons à l’origine de la Confédération helvétique entre 1291 et 1332 sont trois petits territoires (ils le sont restés). Les habitants qui peuplent ces territoires sont de rudes montagnards, qui vivent de l’élevage bovin et de la chasse. En 1291, ils se réunissent pour constater « que leur suzerain, le duc d’Autriche, est défaillant ». Le pacte féodal en effet voudrait que celui-ci protège le peuple et garantisse ses libertés, son bien-être et sa prospérité, en vertu de quoi il est normal que le peuple donne au seigneur une partie du fruit de son labeur afin de permettre à ce dernier de remplir son devoir. Or, alors que le peuple continue à remplir ses obligations en s’acquittant de ses impôts, le seigneur pour sa part — parce qu’il est absent (voir mon roman « Toujours à galerne le soleil se couche » à propos de l’opposition entre seigneurs absents et présents) — a complètement cessé de remplir les siennes tout en ne cessant de réclamer davantage. J’en profite pour citer la fantastique citation de Mel Gibson endossant le rôle de William Wallace dans Braveheart : « There’s a difference between us. You think the people of this country exist to provide you with position. I think your position exists to provide those people with freedom ». C’est le suzerain qui est félon. C’est lui qui a fait sécession ! Les hommes libres des vallées d’Uri, de Schwytz et d’Unterwald décident donc d’assumer eux-mêmes la défense de leurs libertés en renouvelant un pacte d’alliance juridique et défensive éternelle (qui est censé avoir à l’origine été conclu en 1240, le document datant de cette époque ayant disparu). Au Grütli en 1307, ce pacte d’alliance des trois cantons est scellé par un serment solennel, par lequel leur « État du peuple (mais qui est largement porté par la petite noblesse et la bourgeoisie marchande » acquiert l’appellation d’Eidgenossenschaft (communauté d’assermentés — terme qui continue jusqu’à aujourd’hui à désigner la fédération suisse). En 1315, lors de la bataille de Morgarten, la cavalerie lourde du duc Léopold Ier d’Autriche suivie d’un corps d’infanterie, venue pour mettre au pas les insurgés, est écrasée dans un défilé par les Schwytzois qui font tomber sur eux des troncs d’arbres préabattus pour les démonter avant de les achever à coup de hallebardes, de pierres et de miséricordes, assurant ainsi leur indépendance tout en amenant à un renouvellement du pacte trois semaines plus tard à Brunnen (pacte de Brunnen).

Je retiendrai de cet épisode l’idée d’une communauté liée par un serment d’entraide et d’assistance mutuelle dans le but d’assurer sa propre protection, sa liberté, sa prospérité et la défense de son identité face à un État qui est esclavagiste à tous points de vue, mais n’assume plus aucune de ses fonctions régaliennes — pourtant censées être sa nature même !

b) La soupe de Kappel (1re Guerre de Kappel)

En 1523-1524, le canton de Zurich a adopté la réforme protestante proposée par le pasteur Ulrich Zwingli. Cette réforme se propage dans certains cantons, tandis que d’autres restent fidèles au catholicisme. Les cantons sont libres en matière de religion, mais ont malheureusement des bailliages communs qui sont gérés en alternance. Quid alors des bailliages gérés par des cantons de confessions différentes ? Aucun compromis n’ayant pu être trouvé dans un premier temps, Zurich déclare la guerre à cinq cantons catholiques. Les armées ennemies se rencontrent alors au village de Kappel qui marque la frontière entre Zurich, la protestante et Zoug la catholique. C’est la 1re Guerre de Kappel. Pendant que les généraux des deux camps se réunissent pour tenter une ultime négociation, les soldats des deux armées placent un chaudron rempli de lait sur la ligne qui sépare les deux armées, dans laquelle ils trempent des morceaux de pain. Les soldats des deux camps mangent fraternellement autour de cette soupe, se charrient tout en disputant de leurs différends. Finalement, le Landamman de Glaris proposera in extremis un compromis qui correspondant d’ailleurs à peu près à ce que les soldats avaient de leur côté envisagé.

Il s’agit certes d’un événement historique réel, mais qui a pris une dimension mythique, qui a sublimé sa réalité. Il a en effet malheureusement été suivi en 1531 d’une 2de Guerre de Kappel, qui sera plus brutale et aboutira à l’assassinat d’Ulrich Zwingli. Je veux pourtant en retenir la leçon mythique pour Avalon : les citoyens d’Avalon doivent s’engager par serment à faire preuve de la meilleure volonté et déployer tous leurs efforts pour parvenir à un compromis en cas de désaccord. Soyons ici très clairs : la liberté d’expression au sein d’Avalon doit être totale en interne et tout appel aux criminelles lois françaises y portant atteinte entraînera une exclusion immédiate de celui ou celle qui le ferait ; il est seulement demandé à chacun et chacune de défendre sa position par des arguments (et non des invectives !) et de toujours garder en tête l’objectif du compromis. Tout compromis implique nécessairement des concessions réciproques et équilibrées — un compromis ne saurait par nature être déséquilibré et encore moins unilatéral. Cette culture française doit être bannie au sein d’Avalon. La culture d’Avalon doit être celle du consensus obtenu par des concessions réciproques et équilibrées. Je répète ce principe fondamental que tout citoyen et toute citoyenne doit jurer de respecter. Les négociateurs et négociatrices peuvent aussi décider, en cas de désaccord, de faire appel à des arbitres neutres pour les aider à déterminer ces concessions réciproques et équilibrées.

Conclusion : je propose que l’essence et la nature même d’Avalon soient l’idée d’une communauté liée par un serment d’entraide et d’assistance mutuelle dans le but d’assurer sa propre protection, sa liberté, sa prospérité et la défense de son identité, dont toutes les décisions doivent tirer leur légitimité de la négociation entre toutes les parties prenantes de consensus (de compromis) obtenu par des concessions réciproques et équilibrées. Chaque citoyen ou citoyenne devra en outre savoir parler breton ou s’engager à l’apprendre (la place du gallo devra être discutée, la politique linguistique d’Avalon pourrait par exemple s’inspirer de la politique linguistique de l’Union Indienne, le statut de la langue française devant alors être celui d’une « langue étrangère auxiliaire » dans la pratique quotidienne d’Avalon — c’est une proposition).

3. Les institutions

Juridique

La nature juridique au sens du droit français d’Avalon doit être soigneusement étudiée par des juristes et je me contenterai donc ici de lancer des idées ; il pourrait s’agir d’une association selon la loi de 1901, d’une fondation ou d’une coopérative, mais peut-être aussi d’une société commerciale de personnes (SNC, SCS, société en participation…) ou de capitaux (SARL, SA, SAS…). Voire d’une holding !En tout état de cause, il faut que cette nature juridique, à examiner soigneusement aux plans juridiques et fiscaux, permette

  • à chaque citoyen ou citoyenne d’Avalon d’en être membre en tant que partie prenante, tous les membres — ou citoyens/citoyennes — jouissant des mêmes droits ;
  • à Avalon de drainer des capitaux par tous les moyens à disposition : cotisations, contributions, financement participatif, emprunts… (à discuter et faire examiner par des juristes compétents) ;
  • à Avalon de prendre, dans toutes les activités commerciales créées par les citoyens et citoyennes, quelle que soit sa nature, la position d’un associé commanditaire, d’un associé ou d’un bailleur (nous verrons plus tard pourquoi)

Politique

Principaux organes politiques d’Avalon : d’abord les États (breujoù)

L’organe fondamental d’Avalon est l’assemblée, que je propose par romantisme d’appeler États (breujoù). Les États (breujoù) seront composés au départ de la totalité des membres d’Avalon (citoyens). Parce qu’Avalon sera naturellement constituée au départ de très peu de gens. Et que sa croissance, qui devra être dans les premières années l’objectif principal d’Avalon, prendra beaucoup de temps.
On aura donc au départ nécessairement une démocratie directe. Ce n’est que dans de nombreuses années, lorsqu’Avalon comptera trop de citoyens, que cette démocratie directe pourra être remplacée par une démocratie représentative. Ce passage sera alors voté par les États (breujoù) dans les conditions de quorum indispensables pour que les États (breujoù) soient, pour toutes les décisions de quelque nature que ce soit, aptes à délibérer. Ce changement radical du principal organe politique d’Avalon sera alors bien entendu accompagné de l’instauration d’un RIP — référendum d’initiative populaire (dans des conditions raisonnables) afin que cette délégation du pouvoir ne puisse jamais aboutir à la confiscation de ce dernier.
Je renvoie, pour le régime politique ultime de l’État visé à terme, fût-ce dans trois générations à mon essai précédent « Introduire un véritable régime de démocratie en France : proposition de réformes concrètes indispensables ». Je veux voir loin, et être parfaitement cohérent.

Gouvernement

Principaux organes politiques d’Avalon : en deuxième lieu le gouvernement.
Le second organe fondamental d’Avalon est le gouvernement, que je propose par romantisme d’appeler chancellerie (kañsellerezh). La chancellerie (kañsellerezh) et tout le gouvernement seront élus démocratiquement par les États.
Les responsables (futurs ministres dans de nombreuses années) devront notamment assumer les fonctions suivantes :

  • Stratégie générale de développement
  • Promotion, marketing, RP
  • Expansion économique et recrutement
  • Social & formation

Économique

Organisation économique d’Avalon et structure fondamentale de l’État

Les organes cités en b) et c) ont déjà fait l’objet de tentatives de créations. Peut-être même suffirait-il de rassembler les éléments existants en un seul projet en les transformant et surtout en les complétant par des fonctions économiques après un examen de mes propositions exposées en a) et d) — ce que je veux aborder ici. Je ne veux pas forcément créer une nième structure et ne brigue aucune position pour moi — même. Mon idée est que le défaut des structures créées jusqu’à présent, c’est qu’elles s’appuient sur la légitimité politique d’un État disparu et occupé par une autre entité qui refuse de lui accorder l’autonomie. Les structures existant jusqu’à présent s’affirment donc comme des entités politiques en exil, ne pouvant par conséquent exercer aucun pouvoir, parce ce qu’elles n’ont pas de peuple. Elles ne peuvent donc développer aucune action parce qu’elles ne se trouveront jamais dans une position de force quelconque.

C’est donc la novation révolutionnaire que je veux apporter ici : Avalon devra concentrer tous ses efforts sur le rassemblement d’un peuple — sa création. Il est en effet inévitable qu’au départ, la poignée de citoyens, l’assemblée et le gouvernement ne fassent qu’un — ce qui peut paraître risible, mais peut porter ses fruits dans le cadre d’une opiniâtre action continue qui ne se limiterait pas à un prêche dans le désert. Il faut donc un long et patient recrutement qui ne sera obtenu que par un biais économique.

J’en viens donc à l’organisation économique d’Avalon : l’État d’Avalon doit être l’organisateur de la solidarité économique entre ses citoyens, leur protecteur économique et le moteur de l’expansion continue d’Avalon.

Le modèle économique d’Avalon pourrait se présenter ainsi :

Modèle économique d'Avalon

Cette structure devra être complètement légale (il faudra s’assurer du concours d’avocats et de fiscalistes compétents, si possible citoyens d’Avalon, dans tous les cas sympathisants) et tire tout simplement parti du fait que toute entité économique est par nature un État privé.

Les dividendes et loyers équivalents aux impôts de cet État privé.

Toute la différence avec un groupe constitué de structures économiques mixtes étant que ce système économique descendant est doublé en parallèle d’une structure politique ascendante, puisqu’Avalon

  • est constituée juridiquement en tant qu’association selon la loi de 1901 (légalité à examiner), fondation ou toute autre structure légalement nécessaire pour que tout ceci devienne légalement possible,
  • et que le gouvernement d’Avalon (pouvoir exécutif) est élu, les premières années directement par l’assemblée des citoyens-membres ayant atteint le quorum (pouvoir législatif agissant dans le cadre d’une démocratie directe), et dans de nombreuses années par le biais d’une assemblée nécessairement élue par plus de 50 % des citoyens (nous ne voulons pas du scandaleux régime politique français !) exerçant le pouvoir législatif dans le cadre d’une démocratie représentative tempérée par un système de RIP (référendum d’initiative populaire) raisonnable (là encore, nous ne voulons pas de l’odieux régime politique français !).

Le modèle politique d’Avalon pourrait se présenter ainsi :

Modèle politique d'Avalon

On notera que le système politico-économique proposé est davantage imprégné de pragmatisme (et de bon vieux sens paysan) que d’idéologies aussi abstraites que fumeuses… mais, si on y regarde de plus près, cherche à combiner les vertus du capitalisme libéral et celles d’une sorte de communisme libertaire, solidaire, mais démocratique (toutes les entités économiques des citoyens sont entièrement indépendantes et autonomes en termes de conduite de leurs affaires, puisque les commanditaires ou les bailleurs ne disposent d’aucune prérogative à ce niveau)… le secret de la réussite résidant dans la taille (small is beautiful!), et bien entendu dans un esprit fondamentalement fédéraliste et confédéraliste que l’État français rejette depuis toujours ! 

Lignes directrices

Quelques lignes directrices fondamentales de la politique et de la stratégie générales d’Avalon (simples propositions à soumettre au vote de l’assemblée) 

  • Direction générale (chancelier ?) : élaboration de la stratégie générale ayant pour but de développer coûte que coûte Avalon, par tous les moyens légaux existants 
  • Promotion, marketing, RP : a pour mission de faire connaître Avalon en Bretagne et à l’étranger par tous les moyens jugés adéquats (et donc à élaborer un plan d’action en conséquence) 
  • Stratégie : ce point est essentiel, car l’expansion d’Avalon ne pourra résulter que d’une action volontaire vigoureuse, par des acteurs capables de mobiliser des forces extérieures de toutes natures (y compris les communes, les départements, les régions et l’État en veillant jalousement à ne jamais y perdre son indépendance — il faut bien au contraire que l’odieux clientélisme joue en notre faveur…) ; il faut avoir ici des gens capables d’identifier toutes les activités et secteurs d’activité porteurs d’avenir, quitte à regarder aussi les évolutions des anciens métiers appelés plutôt à se moderniser qu’à disparaître et à ne pas hésiter à identifier les moyens de les investir, non pas directement, mais en recherchant de futurs entrepreneurs intéressés par Avalon (la recherche de jeunes entrepreneurs patriotes pourrait d’ailleurs constituer le cœur de l’action du gouvernement d’Avalon, mais aucune recrue ne doit être négligée, même les chômeurs) ; soyons clairs : l’action d’Avalon se tournera nécessairement au départ vers les métiers les plus classiques de l’agriculture, de l’artisanat et du commerce, mais doit aider tous ces membres essentiels qui le souhaiteraient (c’est eux qui constituent une des premières bases essentielles !) à évoluer 
  • Recrutement et expansion : c’est la mise en œuvre du point précédent ; j’ajouterai que mon opinion (soumise à la décision de l’assemblée) est qu’aucune origine particulière ne serait jamais demandée (ce serait de toute façon illégal) hormis, outre un bon profil humain, la maîtrise de la langue bretonne (idéalement, mais rare), a minima toutefois la volonté et la promesse de l’apprendre ; il ne faudra pas hésiter à attirer des candidats venus de tous horizons — je pense que la majorité des citoyens seront tout naturellement être des Bretons ou des Brito-descendants comme moi, mais également que des Britanniques ou des Celtes des îles, mais aussi des personnes venues de pays latins, germaniques, slaves, voire asiatiques, ou autres motivée et ayant un bon profil vaudront toujours mieux qu’une personne de souche bretonne déculturée ou démotivée 
  • Formation, social : c’est un instrument essentiel d’un des objectifs primordiaux d’Avalon — assurer le plein emploi ; le responsable d’Avalon à ce niveau (le futur ministre de l’Éducation dans trois générations) devra examiner avec tout candidat au chômage ce qui intéresserait ou motiverait cette personne et planifier avec elle toutes les mesures de formation, extérieure (en faisant aussi appel aux dispositifs d’aide français si cela devait s’avérer utile) ou en autodidacte, susceptible d’amener cette personne à l’emploi au sein d’Avalon 
  •  Social : Avalon ne se substituera pas à l’État français dans ce domaine, mais pourra examiner avec tout candidat le profit à en tirer aux fins d’un recrutement dans Avalon
  • Politique linguistique : on rappellera utilement ici qu’Avalon ne sera portée par aucune idéologie ni aucune religion ; qu’Avalon garantira une totale liberté d’opinion, de religion et de culte, et d’expression (les lois françaises restrictives dans ce domaine, portant atteinte aux droits de l’homme, seront suspendues en interne sous peine d’exclusion), la seule chose exigée des membres étant le respect du serment d’entraide et d’assistance mutuelle, et la bonne volonté de parvenir en toutes choses à un consensus (de compromis) obtenu par des concessions réciproques et équilibrées. Les contradictions sont autorisées sans aucune limite. Par contre, l’invective sera bannie, les arguments et la courtoisie seront exigés, ainsi que la volonté de parvenir à des compromis tels que définis ci-dessus.

    La question linguistique reste par contre essentielle. Car elle constitue un des cœurs du projet fondamental d’Avalon : assurer la protection, la liberté et la prospérité de ses membres et à terme et la défense de l’identité bretonne, c’est-à-dire essentiellement de sa langue (reconstitution d’une société bretonnante). Bien que ce point doive nécessairement, comme tout le reste, être en définitive soumis à la décision de l’assemblée (mon ambition n’est nullement d’assumer le rôle d’un prophète, on a soupé de ces gens-là [!], mais seulement d’être force de proposition), je propose d’envisager, toutes choses étant égales par ailleurs, une politique linguistique comparable à celle de l’Union Indienne. C’est-à-dire de désigner la langue bretonne comme seule langue officielle d’Avalon (tous les citoyens doivent s’engager à l’apprendre et à en user dès que cela est possible, quitte à s’exprimer systématiquement en deux langues) ; de désigner le gallo comme langue secondaire de Bretagne protégée partout où cela est désiré par les citoyens sans restriction aucune) ; et le français comme langue étrangère auxiliaire. C’est le statut de l’anglais dans l’Union Indienne ou du français dans les pays maghrébins. 

4. Réforme de l’État français : système fédéral et confédéral 

Comme je l’ai dit auparavant, ce concept d’Avalon exposé dans ce bref manifeste a été calibré sur l’idée de créer un cadre d’État dans l’État afin de défendre les libertés, la prospérité et l’identité bretonne, mais s’adresse plus largement à tous les peuples opprimés par un État colonial sur l’ensemble des territoires sur lesquels ce dernier exerce son autorité — par la violence, la soumission et non par l’adhésion. 

Mon rêve serait donc que ce modèle puisse être adopté, en tout cas inspirer les autres peuples minoritaires de l’hexagone, afin que ces derniers puissent ultimement se constituer tous ensemble en confédération : 

La confédération d'Avalon

Une telle confédération (qui est donc fondamentalement économique et secondairement économiques) pourrait alors à terme (dans de nombreuses années) constituer un véritable contre-pouvoir à l’État jacobin impérialiste et colonialiste français, et le forcer à évoluer sans violence en exerçant une influence notable sur les mentalités et les partis en renversant la table clientéliste. Quitte à ce que cela prenne plusieurs générations… 

5. Gestion de projet

Si ce projet devait intéresser des Bretons et/ou d’autres, la gestion de projet devra être précédée d’une phase préalable consistant à réunir des gens hautement qualifiés, quitte à ce que les porteurs de ce projet aillent chercher lesdites compétences ailleurs. Organiser, aller chercher des compétences que l’on ne possède pas nécessairement soi — même, est déjà un acte de gouvernement. L’esprit militant compte, mais ne suffira pas. 

Le but de ce travail préliminaire sera de (1) sélectionner des compétences de haut niveau dans les domaines 

  • juridique (notamment droit des entreprises, des associations et des coopératives) – fiscalité (des entreprises, des associations et des coopératives)
  • financier (notamment dans le financement participatif et autres) et comptable
  • marketing, tout particulièrement marketing informatique
  • gestion et stratégie des entreprises,
  • et toutes autres compétences utiles 

C’est seulement après avoir dans un premier temps précisé dans ses détails les contours du projet que l’on pourra élaborer plus précisément un plan de projet (2) en bonne et due forme définissant précisément les actions et leurs acteurs dans le cadre d’un échéancier raisonnable. 

Il faut laisser du temps au temps. La qualité du projet doit primer sur toute autre considération, car la tâche sera ardue, le but étant de surmonter définitivement les échecs (ou semi-échecs) du passé. 

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à propos de l’auteur :

Philippe Perchirin
Philippe Perchirin, né en 1959 à Nice d’un père breton et d’une mère née à Madagascar, a passé une partie de son enfance en Afrique, en Algérie et en Martinique, et son adolescence en Alsace et en Région Parisienne. Ancien élève de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales (HEC, promotion 1982), il a fait carrière dans le conseil et les services aux entreprises d’abord au Portugal (2 ans), puis surtout en Allemagne (16 ans de séjour) et tardivement en France. Parlant sept langues, féru d’histoire, il est également traducteur et écrivain, et publie occasionnellement des articles culturels et philosophiques dans des revues.

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